Moulins a de l’énergie à revendre. Le réseau de chaleur de Moulins s’est bien étendu, du sud au nord de l’agglomération. Quatorze mois de travaux, plus de 10 km de canalisations à mettre en service, 10 millions d’euros d’investissement. Un chantier, qui a certes quelque peu bousculé la circulation en ville, mais qui a permis de raccorder 42 bâtiments supplémentaires, montant le nombre de « points de livraison » de la chaleur à 70 : mairie, théâtre, salle des fêtes, lycée Banville, préfecture,  immeubles du Pré-Bercy et des Gâteaux, quartier de gendarmerie Taguin, Hôtel du département, collège Charles-Péguy sans oublier l’hôpital, pour lequel  la mise en fonction interviendra « avant la fin de l’année ».

 


 

Des travaux orchestrés par la société de chaleur de Moulins (SDCM), Engie Cofely (délégataire de service public) et la Ville, qui font les comptes : « L’ensemble du réseau souterrain représente plus de 16 km dans le sous-sol de la ville soit près de 6. 000 équivalent logements. 100 % du bois provient d’un rayon de 100 km à la ronde ; cela représente 16. 000 tonnes par an ». Et c’est « l’équivalent des émissions de 6000 voitures économisées, c’est « énorme », a ajouté Pierre-André Périssol, maire de Moulins, lors de l’inauguration, hier, avant de lancer : « La transition énergétique qui passe par des taxes en plus, ça ne marche pas ! Cette énergie va coûter moins cher dans le budget d’un habitant de logement social ». Yves Cotten, président de SDCM précise : « Notre compétitivité, c’est 5 à 10 % en moins par rapport aux énergies fossiles, aujourd’hui ».

 

 

 

Ce réseau est « exemplaire en matière de transition énergétique », a-t-il rappelé, en revenant sur son historique : « À la fin des années 1970, ce réseau était consacré à la nouvelle zone urbaine, mais c’était avec de l’énergie fossile. Quand il a fallu prolonger la délégation de service public avec Engie Cofely, on a été consultés. On avait ce projet de transférer l’énergie fossile vers la biomasse. L’appel d’offres a été lancé en 2009. En 2012, nous inaugurions une première chaufferie bois. Mais la mairie n’avait pas l’intention de s’arrêter là. Il fallait reconcevoir tout : monter la puissance de la chaudière bois, faire de la cogénération (récupération de la chaleur produite par des moteurs qui produisent de l’électricité) et étendre le réseau en ville. Et puis, au moment de commercialiser cette offre, patatras. Le prix de l’énergie fossile s’est affaissé et la compétitivité de notre projet était alors moins intéressante qu’aujourd’hui ou demain. Il a donc fallu du temps pour expliquer ce projet. On a retardé le lancement d’un an. Ce genre de projet doit être engagé par toutes les collectivités. On est en train de le faire à Aurillac. La biomasse est l’énergie la plus efficace quand on passe du fossile au renouvelable, plus que le photovoltaïque ou l’éolienne ».  Les infrastructures moulinoises sont appelées à se transformer et se développer encore. En passant par le collège Anne-de-Beaujeu, notamment. Mais aussi par des privés (hors maisons individuelles).

 

 

 

« Le réseau est là, il suffit de raccorder, énonce Christian Place, adjoint à la Ville de Moulins chargé des finances et des travaux. Avec la hausse du prix du gaz, on va voir arriver les cabinets immobiliers, les copropriétés privées. Quand ils vont remplacer leurs chaudières, cela peut être une piste de réflexion ». Et Pascal Ghielmetti, directeur général adjoint territoire Est pour Engie Cofely de conclure : « Les prix de la biomasse sont plus stables et garantis dans le temps. Et on sait d’où ça vient ! Qui peut dire à quel prix sera le pétrole dans quinze ans ? »

 

 

 

Source : Mathilde Duchatelle – La montagne.fr – 10 Novembre 2018